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Retraites : déficit « maîtrisé » de 4,8 milliards d’euros en 2020 pour l’Agirc-Arrco

Le régime de retraite complémentaire des cadres et des salariés du privé Agirc-Arrco a annoncé mardi un déficit de 4,8 milliards d’euros pour l’année 2020, un résultat encore provisoire mais « maîtrisé » selon son président Didier Weckner.

Revenu dans le vert en 2019 après dix années de pertes, l’Agirc-Arrco a replongé l’an dernier à cause du Covid-19 et surtout du chômage partiel qui l’a privé de 4 milliards d’euros de cotisations, a précisé Brigitte Pisa, vice-présidente (CFDT) de ce régime géré par les syndicats et le patronat.

Les recettes ont ainsi baissé de 4,7%, à 79,4 milliards, tandis que les dépenses ont « progressé comme attendu » de 2,8%, à 85,4 milliards, aboutissant à un déficit « technique » de 6 milliards, a détaillé la directrice financière Gaëlle Piadé.

L’utilisation des réserves a permis de limiter la casse à 4,8 milliards, grâce aux plus-values encaissées sur des ventes d’actifs, mais cette ponction a été en partie « compensée par la performance des marchés financiers »: le trésor de guerre de l’Agirc-Arrco était encore de 61,6 milliards d’euros fin décembre, soit « près de neuf mois d’avance » par rapport aux dépenses, a-t-elle ajouté.

« Malgré une crise historique, le déficit est maîtrisé », a affirmé M. Weckner (Medef), soulignant « la solidité du système que les partenaires sociaux ont construit ».

Aucun responsable ne s’est cependant risqué à faire de prévision pour 2021. « Ca dépend de la capacité de rebond de l’économie française », a esquivé le directeur général du régime François-Xavier Selleret, tablant sur un moindre coût du chômage partiel – « une partie va se résorber rapidement ».

Au-delà, aucune échéance n’est évoquée pour le retour à l’équilibre, ce qui obligerait à continuer de puiser dans les réserves, compromettant l’objectif de toujours garder en caisse 6 mois d’avance à un horizon de 15 ans.

De nouvelles mesures d’économies ne sont pas pour autant à l’ordre du jour. « On n’est pas dans l’urgence », a estimé M. Weckner, soutenu par Mme Pisa pour qui « ce serait une erreur de gérer à court terme les conséquences de cette crise » alors qu’« on a un matelas de sécurité ».

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