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Amazon : le syndicat américain ne verra pas le jour

Ce qui aurait pu être un moment historique pour Amazon aux États-Unis ne sera pas. Ces derniers jours se jouait la création du premier syndicat dans l’un de ses entrepôts à Bessemer en Alabama. Les résultats sont finalement tombés ce vendredi 9 avril. Le « non » l’emporte, les employés semblent ne pas vouloir d’un syndicat. Cette campagne fut scrutée dans le monde entier aurait pu avoir un impact sur les autres entrepôts du groupe si le vote avait été positif.

Petit rappel des faits, dans une campagne très médiatisée commencée en novembre dernier, le Retail, Wholesale and Department Store Union (RWDSU) visait à établir le premier syndicat dans un entrepôt d’Amazon aux États-Unis. Un résultat en faveur de sa création pourrait avoir des conséquences néfastes pour l’entreprise qui s’est alors lancée dans une campagne de dénigrement du syndicat : mise en place d’un site web, création de faux profils Twitter pour faire l’éloge de la société en ligne, pression sur les salariés via des SMS, réunions et prospectus… Le groupe a joué toutes les cartes possibles pour déstabiliser l’adversaire. Et il semblerait que ça ait fonctionné.

Le comptage des bulletins qui a commencé hier a été interrompu en fin de journée, et a repris au petit matin aux États-Unis. Dans un premier temps, il y avait 1 100 votes contre la syndicalisation et 463 en faveur soit près de deux contre un. La suite du dépouillement a suivi cette même tendance. Résultat final : 1 798 employés ont voté contre, 738 ont voté pour. ​Un soulagement certain pour le groupe qui craignait que la création du syndicat puisse mener à un mouvement bien plus large dans le reste du pays. Les marchés semblent eux aussi soulagés, le cours de l’action d’Amazon présentant une belle forme depuis le début de la journée à Wall Street.

Cours de l'action d'Amazon le 9 avril 2021

Cours de l’action d’Amazon le 9 avril 2021 à 12h21 UTC−4. Capture d’écran : Google Finance.

La semaine dernière, 3 215 bulletins de vote ont été déposés, soit 55 % des 5 805 électeurs éligibles de l’entrepôt, lors de cette élection très surveillée. Le syndicat doit obtenir le soutien de plus de la moitié des votes exprimés pour l’emporter.

Amazon et le syndicat ont passé plus d’une semaine à huis clos, examinant l’éligibilité de chaque bulletin de vote avec le conseil du travail, l’agence fédérale qui conduit les élections syndicales. Environ 500 bulletins de vote soumis ont déjà été contestés de vote en raison de soupçons de falsification notamment. Les bulletins contestés pourraient prendre de l’importance si le syndicat comble l’écart de manière significative lorsque les votes supplémentaires seront comptabilisés. Le président du RWDSU, Stuart Appelbaum a déclaré à ce sujet : « notre système est défaillant, Amazon en a pleinement profité, et nous demanderons au conseil du travail de tenir Amazon responsable de son comportement illégal et flagrant pendant la campagne. Mais ne vous y trompez pas, cela représente toujours un moment important pour les travailleurs et leurs voix seront entendues. »

Amazon est actuellement le 2e plus gros employeur aux Etats-Unis derrière Walmart. La syndicalisation de l’ensemble du groupe est un des grands objectifs du mouvement syndical américain, qui cherche à inverser la tendance à la baisse syndiquée. D’après le Bureau américain des statistiques du travail, le taux de syndicalisation est passé de 20 % en 1983 à 11 % de la main-d’œuvre éligible en 2020.

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